mercredi 22 février 2012

Changement d'adresse !

Six mois de volontariat fait peau neuve, suivez le guide : https://sixmoisdevolontariat.wordpress.com/
Une interface plus soignée, une lecture plus aisée et plus d'images, voici mes promesses pour le mois restant de volontariat !

dimanche 19 février 2012

La vida es un Carnaval !

Une des choses qui me plaisent ici en Espagne, c'est que l'année est marquée par de nombreuses fêtes et traditions. Le calendrier des célébrations est toujours bien rempli et tout le monde s'y plie avec joie.

Ce week-end, au tour du Carnaval, cette période de fête, de débauche et de mélange des identités et des classes sociales, vaste défouloir avant l'entrée en Carême. En tant que nouvelle arrivée, il me fallait tester celui dont on parle le plus ici, le Carnaval de Sitges !

Nous voici donc partis, avec un groupe d'une dizaine d'amis, en direction de cette station balnéaire située à une quarantaine de kilomètres au sud de Barcelone. Notre déguisement était assez conceptuel, et surtout nécessitait de rester groupés : un des amis ayant une ressemblance assez troublante avec Woody Allen (jeune), nous formions une équipe de tournage avec actrices, caméra et projecteur en carton, clap, mégaphone... la totale. Nous verrons par la suite, que le sens de notre déguisement s'est un peu perdu en cours de route mais que la caméra en carton nous a valu un franc succès !

Lire la suite ici sur la nouvelle version du blog.

samedi 18 février 2012

Et Toca A Tu

Vendredi 17 février à l'Auditori de Barcelone, avait lieu le concert Et Toca a Tu qui réunissait l'Orchestre Symphonique de Barcelone et de Catalogne et une cinquantaine d'enfants impliqués dans le projet Barris en Solfa. Initié par le Consorci Badalona Sud, ce projet a permis aux enfants de participer à des ateliers de musique, à raison de deux fois par semaine, menés par un chef d'orchestre reconnu. Avec pour ligne de mire, le spectacle de vendredi.

Trois enfants participant également au projet Quedem despres de classe de l'association Casal La Formiga, et donc, que je vois tous les jours pour les aider à faire leurs devoirs et jouer, étaient présents sur scène. Imaginez ma fierté ! Je pense que j'étais au même niveau, voire pire, que les parents qui faisaient coucou alors qu'ils étaient tout au fond de la salle. Durant l'heure de concert, j'ai passé mon temps à chercher du regard Ramatou, Miguel et Jérémy et m'extasier béatement quand ils tapotaient un xylophone ou soufflaient dans un didgeridoo, c'est peu dire que l'Orchestre Symphonique est passé au second plan ! Et quel plaisir de les retrouver ensuite à la sortie des artistes, parmi tous les parents, la presse (si si si) et des hordes de groupies en folie (bon d'accord j'exagère).

Un bon début de week-end !

jeudi 16 février 2012

Parlas Català ? (chapitre 3 : un niveau au-dessus)

Depuis janvier, je suis les cours de Catalan du niveau Basic 3. Et la différence se ressent avec le premier niveau que je suivais auparavant. Mes nouveaux camarades de classe ont une familiarité plus grande avec le Catalan, le comprennent beaucoup mieux et le parle davantage que les anciens. Ce sont parfois des personnes résidant depuis plus longtemps en Catalogne mais le facteur décisif est qu'elles sont en contact direct et quotidien avec la langue : l'une (originaire de Mongolie) est mariée à un Catalan, l'autre (d'origine Pakistanaise), en tant que chauffeur de taxi, passe ses journées à discuter avec ses clients, une autre encore (d'origine Bolivienne) étudie à l'université et les cours sont tous en Catalan, enfin la majorité ont des enfants qui vont à l'école et, pour suivre leur scolarité et leurs devoirs, il faut bien maîtriser la langue !

Lire la suite, ici sur la nouvelle version du blog.

samedi 11 février 2012

L'épineuse question des horaires

Contrairement à ce que pourrait penser un profane, il y a bel et bien un décalage horaire entre la France et l'Espagne, de deux heures environ (trois quand on passe à l'heure d'été).

Si si si.

Explications avec l'exemple d'un week-end.
Quand la France déjeune (12h30-13h30), l'Espagne prend son café, cortado ou con leche selon les préférences. Quand l'Espagne déjeune (14h-16h), la France fait la sieste ou sort pour profiter de la lumière du jour. Quand l'Espagne entame sa balade digestive (18h-20h), la France rentre bien au chaud car il commence à faire froid et nuit. Quand l'Espagne prend son café de l'après-midi (20h), la France se met à table. Quand la France accuse déjà le coup de ses trois ou quatre petits verres de rouge (22h), l'Espagne entame l'apéritif. Et enfin, quand la France va se coucher pour un repos bien mérité (0h), l'Espagne commence à faire des plans pour la soirée.

Convaincus ?

Quant à moi, suivant bien souvent le rythme espagnol car horaires de boulot et amis Catalans obligent, je m'amuse parfois à faire de la résistance le week-end. Et c'est plutôt avantageux car 1. on ne se marche pas dessus avec mes colocataires pour cuisiner, l'enchaînement est même plutôt parfait, j'arrive tu pars, tu pars je reviens, 2. quand je sors faire mes courses en début d'après-midi un samedi, tout Sant Adria étant en train de déjeuner je suis bien à l'aise dans les allées de mon supermarché. 3. J'ai le droit de faire un méga-goûter en toute légitimité car, ayant déjeuné à l'heure française, j'aurais du mal à tenir sans jusqu'à mon dîner de ce soir, à l'heure espagnole !

A moi les tartines de Nutella !

jeudi 2 février 2012

L'informatique c'est fantastique

Depuis janvier, dans le cadre de mon volontariat à l'association Casal La Formiga, je donne un cours d'informatique hebdomadaire à des personnes âgées. Et je me marre, beaucoup.

Mes étudiants sont une troupe de joyeuses mamies et papys entre 60 et 75 ans, qui me font très clairement sentir que certes ça les intéresse de comprendre le pourquoi de l'obsession de leurs petits enfants pour ces maudites machines (ordinateurs, mobiles et autres tablettes) et de savoir envoyer des courriels mais que s'ils viennent chaque jeudi matin de 12h30 à 14h c'est aussi, et surtout, pour passer un bon moment avec d'autres papys et mamies, rigoler un peu et discuter, beaucoup. De toutes façons, la plupart n'a pas d'ordinateur à la maison, alors bon !

Ce présupposé étant bien compris et intégré par tous, mes cours se déroulent dans une bonne ambiance, au rythme de questions naïves, ingéniosités, exclamations, incompréhensions et autres commentaires décalés.

Mes moments préférés :

- Après une heure et demie laborieuse de création d'adresse e-mail, épicée par des demandes incongrues de Gmail, du genre recopier un mot qui apparaît en italique, barré et écrit à l'envers pour vérifier que mon papy n'est pas un cyber-hacker ou encore préciser le code secret envoyé sur le portable miraculeusement possédé par le papy en question, j'ai cru bon de crier victoire. A tort, car la semaine suivante quand j'ai demandé à mes étudiants d'ouvrir leur adresse mail, les mots de passe s'étaient envolés bien loin.
- En deuxième séance, suite à mes savantes explications sur l'envoi de courrier électronique, je tente l'exercice pratique. Quelle ne fut pas ma joie de recevoir un mail de Luisa me disant "Hola Laura, je suis bien contente de t'avoir comme professeur, pour le moment je suis un peu perdue mais j'imagine que cela va bientôt passer" ....... en objet du mail et rien dans le corps du message !
- Mamie Anna est tellement contente de son premier cours, qu'elle souhaite m'inviter à un goûter, si c'est pas mignon ça.
- Manuel pensait que pour envoyer un mail, il fallait en transférer un déjà reçu, puis supprimer tout le corps du message, puis changer le destinataire et enfin rédiger le nouveau mail. Pourquoi faire simple ?

Et de nombreuses autres anecdotes viendront j'en suis sûre car ils sont trop forts mes cyber-papys !

samedi 28 janvier 2012

La pluie qui tombe

Comme on aura pu le comprendre à la lecture de mon post météorologique de novembre dernier, le temps qu'il fait influe beaucoup sur la tête que je fais, bref pour moi ça compte.

Aujourd'hui, petite analyse de l'image que mes amis les Catalans ont de la pluie :
1. Facile de savoir quand il va pleuvoir ici, car il y aura toujours quelqu'un pour te dire : dans cinq jours, il va pleuvoir, à croire que MétéoCatalogne a meilleure vue que MétéoFrance.
2. Quand il pleut, les parents ne nous confient pas leurs enfants à l'association, ils les gardent à la maison. Question : est-il réellement dangereux pour leur santé de faire 50 m sous la pluie pour rejoindre leur immeuble ? En tant qu'ex-néo-Bretonne, je me permets d'en douter quelque peu.
3. Les installations barcelonaises ne sont pas tout à fait préparées à ce phénomène : quand il pleut à Barcelone, les entrées de métro sont complètements inondées et l'on doit, pour rejoindre les quais, slalomer entre les seaux destinés à recueillir l'eau.
4. Enfin, pour montrer la rareté de la chose, ma très chère colocataire avait reçu des Rois Mages une paire de bottes en caoutchouc (drôle d'idée non ? ils viennent d'où les Rois Mages déjà ?!). Et depuis début janvier, chaque jour elle priait pour qu'un déluge nous parvienne. De mon côté, je priais chaque jour pour que le soleil reste. Et je gagnais. Jusqu'à aujourd'hui, où ma coloc cherche la moindre excuse pour mettre ses bottes et sortir dans la rue. Et moi je cherche la moindre excuse pour rester au chaud.

Aujourd'hui ça sera ciné !

jeudi 19 janvier 2012

Après l'écrit, le son

Il y a à Barcelone une Française pseudonymé Odilia de Barna et qui a plaisir à retranscrire en sons l'expérience barcelonaise qui est la sienne.  Au gré des rencontres, elle créé ainsi des zarbis sons et autres bavardages qui viennent peupler un blog dans l'air du temps.
C'est avec plaisir que je me suis livrée au jeu, bavardage ici, sur le blog Odilia de Barna.

Bonne écoute ! 

samedi 14 janvier 2012

Insolites : top 5

Les cinq choses qui, à mes yeux de Françaises, sont parues les plus insolites... jusqu'à présent !

1/ Quand on croise quelqu'un dans la rue en Catalogne, on ne dit pas "bonjour" ("hola") mais "au-revoir" ("adeu").

2/ Quand on a un répondeur sur son téléphone portable en Catalogne, on se fait insulter par tous ses amis Catalans car ils payent des secondes de communication quand ils tombent dessus.

3/ Quand on va acheter une baguette de pain (sujet sensible) il ne sert à rien de dire ni "bonjour", ni "s'il-vous-plait", ni "merci"... au contraire cela fait perdre du temps à tout le monde.

4/ Il est très fréquent qu'un ami vous demande si vous avez mangé alors qu'il est 17h, et il est évident qu'il vous prendra pour fou si vous répondez "oui, à 13h"...

5/ Il est normal de faire appeler ma belle ("guapa") à tous les coins de rue, ma chérie ("cariño") par sa bibliothécaire que l'on voit pour la 2e fois de sa vie et petite fille ("nena") par une grand-mère que l'on aide à descendre du bus.

lundi 26 décembre 2011

La loterie c'est pas pour rire

La Loterie en Espagne c'est pas de la rigolade. Ici il ne s'agit pas d'un nom ridicule qui rime avec Toto, d'une pimbêche qui récite des numéros dans un décors vaguement futuriste et kitch. Pas du tout. Prenons l'exemple de la loterie de Noël, le plus édifiant certainement.

En allant prendre un café avec un amie le jeudi 22 décembre au matin, je me suis étonnée de ce programme rébarbatif à la télévision, qui semblait captiver la totalité des clients de notre troquet.

Explications de mon amie : la loterie de Noël est un des événements phare en Espagne, on estime que 98% des Espagnols achètent un ticket. Impressionnant et cela mérite quelques détails.

El Surtido de Navidad, donc, se prépare en avance. Chaque organisation achète des billets pour en revendre à ses membres, et quand je dis organisation cela va des associations de quartiers aux clubs de sport, bars, entreprise et boutiques (jusqu'au vendeur de churros qui a sa camionnette dans ma rue...).

Ensuite, la loterie de Noël c'est assez compliqué, et mon amie espagnole n'a pas vraiment réussi à simplifier l'affaire. Je suis donc allée faire un tour sur Wikipedia, pourquoi faire compliqué ? Je cite : "Un billet (billete) correspond à un numéro à 5 chiffres, compris entre 00000 et 84999. Chaque billet est émis physiquement en plusieurs planches (dites "séries") d'une valeur de 200 euros. Chaque planche est composée de 10 sous-billets détachables (dits décimos), portant tous le même numéro, d'une valeur de 20 euros chacun. Ce format du "dixième de billet" est le format le plus communément acheté ; il permet d'obtenir 10 % du gain annoncé pour la série lors du tirage. En outre, certaines associations, cafés, bars, clubs, etc. achètent plusieurs séries ou plusieurs "dixièmes" et les revendent sous la forme de participations, d'un montant généralement de 2 euros (permettant donc d'obtenir 1 % du gain de la série), imprimées par leurs soins."

Vous avez compris ? Moi pas vraiment mais l'important n'est pas là. L'important c'est la suite de l'article qui explique que, comme les sous-billets d'une série sont généralement achetés dans la même ville voire la même organisation, le billet gagnant récompense généralement des personnes qui se connaissent. Par exemple, en 2006, 1800 habitants de Vic (bourgade qui en compte 30 000 en tout) ont gagné chacune 300 000 €.

A mes yeux, encore un exemple du caractère collectif et solidaire de la société espagnole.

Et puis, comme j'ai pu le constater, el Gordo ("le gros", autre nom de la loterie), est un évènement à ne rater sous aucun prétexte et certaines personnes passent leur matinée devant leur télé, quand d'autres se rendent directement sur le plateau de télévision.

Enfin, pour le côté rigolo, il faut savoir que la loterie de Noël répond à tout un cérémonial, semblant sortir tout droit des années 50. Le décor du plateau télé est minimaliste, le mécanisme du tirage volontairement anachronique et, en guise de pimbêche, ceux qui annoncent les numéros gagnants sont deux enfants de l'école privée Madrilène San Ildefonso, en uniforme.




mardi 20 décembre 2011

Où sont passés les adolescents ?

Le week-end dernier, je suis partie en excursion à la montagne avec un groupe de 10 jeunes, participants à notre projet Km 0. Nous étions deux moniteurs pour encadrer nos petits monstres âgés de 14 à 17 ans. Et de fait, je me demande bien ce qu'il y avait à encadrer.

On m'avait parlé d'un groupe d'adolescents, j'avais compris :  créatures en pleine transformation n'ayant de cesse de traîner des pieds, râler, dormir, manger et obsédées par leurs propres poussées hormonales et celles de leurs semblables. Or, que vois-je arriver sous mes yeux ébahis : de jeunes garçons et filles motivés par tout y compris marcher 3/4 d'heure pour rejoindre le refuge, faire des gâteaux, cuisiner des spaghettis, faire un jeu en pleine nuit, dehors, par - 2°, aller nourrir les oiseaux de la réserve naturelle d'à côté etc etc. Et à quoi ai-je assisté ? A des conversations passionnées sur l'importance d'avoir de bons résultats scolaires pour faire un métier intéressant et permettant de vivres dignement. C'est à n'y plus rien comprendre !

Enfin, heureusement, on a quand même eu droit à de longs fous rires inexpliqués, des couinements, des gloussements, des chuchotements et autres chouinements. De nombreuses blagues et allusions orientées en-dessous de la ceinture. Des crises de nerf car pas de réseau de portable, des dépressions nerveuses car Wi-Fi en panne.  Aussi, des commentaires sur la nourriture (quoi, de la SALADE avec des spaghettis bolognaises, non mais ça va pas ?). Enfin, quelques questionnements existentiels ("tu crois que je peux envoyer un texto avec mes gants?") et des airs romantiques chantés en choeur (et en coeur) accompagnés du pauvre son d'un téléphone portable.

Ouf, les adolescents sont toujours là !

vendredi 16 décembre 2011

Le croissant catalan

Le croissant catalan a toujours quelque chose qui ne va pas.
Premièrement, il part mal dans la vie car il est fait à l'huile et ne contient donc pas un gramme de beurre. Bouh.
Ensuite, comme pour compenser ce complexe, il en fait des tonnes : crème, chocolat - dedans, dehors, au bout, sur les côtés, en paillettes, en morceau, liquide -, sucre glace... Trop d'artifices, aucune idée de ce qu'est la beauté au naturel.
Enfin, quand on va dans une boulangerie (hum hum) et que l'on commande un croissant (en disant : Hola, un croissant por favor) et bien cela ne marche, croissant ne se prononce pas croissant. Allez comprendre.







jeudi 15 décembre 2011

Au pays magique du Consorci

J'ai eu l'honneur cette semaine de participer à une réunion du Consorci Badalona Sud. Mais qu'est-ce donc que cette chose là me direz-vous. Très simple : le Consorci est une chose administrative publique créée par la Generalitat de Catalunya (comprendre conseil régional) et la mairie de Badalona dans le but de lui refiler tous les problèmes à gérer pour cette zone de Badalona Sud, dont Sant Roc fait partie. Un sac de noeuds donc.
La réunion de ce mercredi se présentait très bien, sur le papier : réunissant, pour la troisième fois depuis septembre, tous les acteurs sociaux du territoire, elle devait recevoir la visite du Registrador General, sorte de banquier du Consorci, afin que ce dernier nous dévoile (suspens) le budget prévisionnel de 2012. Et devait s'ensuivre, en trois groupes de travail thématiques, la priorisation des différentes activités prévues sur le territoire, en fonction des besoins et des moyens. Tout cela est resté très théorique. Car dans les faits, cela s'est passé comme suit.

La réunion devait commencer à 10h30.
10h30 : environ les trois quarts des conviés à la réunion commandent un tallat (sorte de café noisette, la star incontestée ici) au café du coin de la rue
10h38 : tallat en cours de dégustation
10h42 : nous sommes cinq assis dans la salle de réunion, un des directeurs d'association commence à s'énerver et regrette, en criant très fort, le manque de ponctualité des co-réunionnaires. Je manque de lui faire remarquer qu'on est forcément d'accord avec lui vu que, nous, on est déjà dans la salle à attendre et que, par voie de conséquence, ce n'est pas très utile de nous crier dessus.
10h55 : la réunion commence, le chauffage est en panne, on gèle tous de froid. Le membre du Consorci qui ouvre la séance, vêtu de son énorme anorak nous le fait remarquer, merci.
10h56 : coup de tonnerre : le Registrador ne vient pas. Il s'en excuse bien bas, pour motif d'agenda, ça ne l'a pas fait. Stupeurs et Tremblements dans l'assemblée. L'anorak continue tant bien que mal à présenter les objectifs de la matinée mais objectivement plus personne ne l'écoute.
11h02 : bien qu'il n'aurait pas dû, notre anorak laisse la parole au public. Pas de questions mais trois interventions passionnées : un directeur de collège, une salariée d'une association d'aide aux femmes au foyer et notre ami ponctuel du début qui tous regrettent, en termes plus ou moins choisis, l'absence du Registrador et mettent en question la pertinence de cette réunion.
11h15 : pause café et croissants (à venir, un post sur les croissants catalans, c'est un vrai sujet).

S'en est suivie une heure et demie de discussion en groupe de travail (le mien : familles et jeunes) pour identifier les projets prioritaires, en leur attribuant une note de 1 à 3. Pour moi une aberration totale : comment ceux-là même qui ont impulsés ces projets et s'y sont investis corps et âmes pourraient les hiérarchiser, que se passera-t-il pour les projets notés 3, pourquoi leur donner à eux la responsabilité de condamner certaines actions ?

Enfin, comme par miracle, est arrivé le Registrador, une vingtaine de minutes avant la fin officielle de la réunion. Evidemment, il était venu les mains complètement vides : au 14 décembre personne n'a la moindre idée de ce que sera le budget 2012. Pas complètement étonnant, quand on sait que celui de 2011 n'a été voté qu'en juillet...

Bref, je passe sur les prises de becs et autres insultes en public, menaces et coups bas lors des questions posées au Registrador, j'étais trop désabusée pour les prendre en note.

En conclusion, une réunion édifiante, merci à mes collègues de m'y avoir conviée, cela vaut davantage que tous les discours. Et me conforte dans l'idée que, si elle veut continuer à mener ses projets, l'association devra se diversifier en matière de soutiens et de financements.

dimanche 11 décembre 2011

Le bar de Manu Chao

A Barcelone, dans les ruelles sombres du quartier gothique, il y a un bar qui s'appelle El Mariachi et de ce bar on dit que c'est celui de Manu Chao. Personne ne l'y a jamais vu mais cela donne un certain cachet à l'endroit. Personnellement je ne peux m'empêcher de dévisager le moindre barbu à cheveux longs, me disant que c'est très certainement l'ancien bassiste du dit Manu.

Au bar de Manu Chao on peut boire de l'hydromel fait maison, il s'appelle Hydromiel la Nubia et c'est bon. Ou du Vermouth fait maison aussi, ou de la Licor Café (spécialité galicienne d'une légèreté à discuter) ou, plus prosaïquement, une petite cervecita (pléonasme).

Chez Manu, c'est drôle d'y aller avec une copine française car elle me refait le sketch des Inconnus et je ris.

La faune du bar de Manu Chao est à l'image de ses chansons : une pincée d'altermondialisme, de la bonne humeur, un peu de mauvaise foi, une cuillerée de frime. L'Amérique latine, l'Espagne, la France mélangés. Des discussions en plein de langues différentes, surtout en espagnol (avec tous les accents possibles), français, galicien (eh oui après le Catalan on passe au Galicien), anglais. Des voyageurs, des musiciens, un peintre un peu fou qui voit des papillons partout, une serveuse qui fait peur au premier abord mais qui s'avère ultra chaleureuse quand on sait y faire. Des fûts de bière en guise de tabourets, des poésies gravées sur les murs des toilettes.

Au bar de Manu Chao on entre seul ou à deux et on ressort à quinze avec des projets de concerts, de voyages et après avoir bien rigolé. Merci Manu !




samedi 10 décembre 2011

Indignée

Ou comment vivre la, trop tendance, "crise" de l'intérieur quand on habite dans un des pays européens les plus touchés. Au-delà de son omniprésence quotidienne dans les conversations, des rues trop animées aux heures de travail, des files d'attentes interminables à la banque, des annonces pour petits boulots dans les commerces et sur les lampadaires, de la pauvreté des offres d'emplois sur les sites internet dédiés et, bien sûr, de son actualité brûlante chaque jour à la Une des journaux, la crise est devenue bien réelle pour moi, cette semaine.

Un des programme phare de l'association La Formiga, Patis Oberts - més places al barri, s'arrête. De quoi s'agissait-il ? Concrètement peu de choses : trois éducateurs qui se rendaient trois fois par semaine en divers endroits publics du quartier (places, cours d'école) avec des caisses remplies de jeux tels ballons de foot, raquettes de badminton, jeux de société... Tous les enfants pouvaient venir profiter, gratuitement, de ces jeux et jouets, à condition de rester sur place et de remettre le matériel en place, une fois l'activité terminée. Sur le papier peu de choses donc, mais dans les faits une opportunité extraordinaire pour des enfants n'ayant accès à quasiment aucune activité chez eux, une démonstration que leur quartier aussi a de belles choses à offrir, apprendre à respecter le matériel, comprendre qu'on leur fait confiance à eux également et qu'ils peuvent être responsables (fussent-ils gitans, contrairement aux idées reçues qu'eux-mêmes ont en tête), un cours de vivre ensemble....

Depuis 2007, un projet qui avait fait ses preuves, des heures de rires et de jeux, des relations sociales qui se sont nouées entre parents et enfants de toutes origines. Et tout cela prend fin la semaine prochaine, pourquoi ? Manque de financements privés d'une part et retard dans le paiement des financements publics d'autre part, aucun engagement des collectivités pour l'année à venir.

Alors, pour Noël, trois personnes perdent leur poste au sein de l'association et les enfants de Sant Roc n'auront guère d'autres choix que de retourner s'occuper dans la rue, comme ils pourront.

Indignée.

mardi 6 décembre 2011

Promenade à Sant Roc (2)

Quelques photos prises lors d'une promenade matinale dans le quartier où je travaille, Sant Roc à Badalona Sud.












 La "cicatrice" de l'autoroute :










samedi 3 décembre 2011

Parlas Català ? (chapitre 2 : mes camarades)

Bientôt la fin de mon premier trimestre de cours de Catalan, il ne reste plus que deux cours, que le temps file !

Aujourd'hui, je voulais vous présenter mes camarades de classe. Notre groupe est composé d'une vingtaines de personnes, autant d'hommes que de femmes, de 22 à 56 ans. Les origines géographiques sont variées : Chili, Equateur, Brésil, Uruguay, Pérou, Pakistan, Maroc, Sénégal, Ukraine, France et autres régions de l'Espagne (Andalousie, Galice). Certains sont arrivés il y a moins d'un an, d'autres sont là depuis 15 ans, tous veulent apprendre le catalan pour raisons professionnelles. Il y a matière à faire un film : tant de parcours de vie, de personnalités, d'origines diverses. L'ambiance est très bonne, on rigole, la prof - Montse - est pour beaucoup dans l'animation du groupe et nous donne envie de progresser, elle nous fait beaucoup pratiquer.

Une anecdote me vient à l'esprit chaque fois que je pense à ce cours. A l'occasion d'un travail sur les conjugaisons, chacun a dû se présenter, expliquer ce qu'il fait dans la vie. Moment sensible où j'ai aperçu ce qui se cache derrière cette immigration dont on parle tant : des personnes quittant leur pays, leur famille, leurs amis et tout ce qui définissait leur vie depuis toujours, pour aller chercher une vie meilleure, du moins économiquement, dans un pays soi-disant riche. Quand on sait la situation actuelle de l'Espagne, cela fait réfléchir. Ces personnes qui étaient institutrice, avocate, médecin, graphiste dans leur pays, sont aujourd'hui femme de ménage, serveuse, vigile en Espagne. En réponse à la question de la professeur, nombres d'élèves ont en effet élaboré deux phrases : ce qu'ils font actuellement et leur véritable métier, qu'ils espèrent retrouver un jour, un fois qu'ils auront démêlé le noeud des équivalences de diplômes, et que leur pays d'accueil ira un peu mieux.

A partir de janvier, je suivrai les cours du niveau Basic 3, j'ai fait la demande de sauter un niveau et ai passé un test, qui a été validé. Je ne verrai donc plus Pablo, Mamadou, Maria, Natalia, Carlos et les autres, mais je me souviendrai longtemps d'eux, de leur histoire personnelle que j'ai devinée au travers de quelques questions posées en catalan.

mercredi 30 novembre 2011

A la Caixa

La Caixa, c'est ma banque. Ici, j'ai l'impression que tout le monde paie en espèce et a plus ou moins des problèmes d'argent car il y a toujours une file d'attente pas possible que ce soit pour les distributeurs ou pour le guichet et on sent très nettement une tension dans l'air. Ce qui a donné lieu à de petits moments insolites.



Premièrement, il faut savoir qu'ici la star du distributeur ce n'est pas la carte bleue mais la libreta : un petit livret que l'on insère directement dans le distributeur, celui-ci copiant consciencieusement les opérations effectuées depuis notre dernier passage ainsi que le solde du compte. Grande révélation quand on entend la machine imprimer toutes ces lignes (j'ai tant dépensé cette semaine?) et petit suspens au moment de retirer la libreta. Pour cause de libreta, le distributeur espagnol est bien plus impressionnant que son compère français:


Ensuite, quand on arrive à la Caixa, pour être accepté dans la file d'attente, il faut suivre un protocole précis. Il ne suffit pas, comme en France, de deviner qui est le dernier de la queue, de se mettre sagement derrière lui et d'attendre son tour, en fusillant du regard celui qui oserait tenter de nous doubler. Ici c'est plus compliqué mais, quand on y pense, aussi beaucoup plus civilisé. Quand on arrive, il faut demander "Quién es el último?" soit "Qui est le dernier?", ainsi on sait à la fois où se placer dans la file, mais aussi après qui on doit passer. Si on est vraiment très poli, on peut amorcer la procédure par un "Hola!". Et le plus impressionnant est que tout le monde, sans exception, suit le protocole !

La première fois, n'ayant pas été mise au courant auparavant, cela m'a valu une gentille réprimande d'une petite mamie : j'arrive, me mets dans la queue sans rien dire, entre la petite mamie en question, tout de suite après moi, et elle me fait remarquer que je n'ai pas demandé qui était le dernier ! On ne m'y reprendra pas à deux fois !

Enfin, variante du protocole, il y a des gens qui se refusent d'attendre à l'intérieur de la banque, et qui attendent devant. A toi donc, de repérer si ces trois personnes sur le trottoir discutent uniquement (car de toutes façons, oui elles discutent), attendent le bus, ou font la queue pour la banque ! Cela m'est arrivé la semaine dernière et, quand je leur ai demandé, un peu étonnée, pourquoi ils n'attendaient pas à l'intérieur, je me suis entendue répondre que cela ne se fait pas trop.

C'est tout un monde la Caixa. Pour finir, une publicité vue dans la rue, non pas de la Caixa mais d'une autre banque, le modèle du retraité allemand (Prends ta retraite comme les Allemands).



lundi 28 novembre 2011

Un dimanche riche en émotions : Les Castellers

Dimanche 27 novembre, de bon matin, je me suis mise en route avec quelques amies (une Polonaise, une Slovaque et une Italienne, vive l'Europe) pour Terrassa, charmante bourgade située une trentaine de kilomètres de Barcelone, vers les montagnes. Pourquoi donc, me direz-vous, s'embêter à prendre un train à 10h du matin un dimanche ? Eh bien, pour aller voir des castellers !

Qu'est-ce que le castell ? Une tour humaine. Une tradition catalane datant du 18ème siècle. Une activité encore très ancrée dans la société actuelle, un rendez-vous social. Une pratique inscrite au Patrimoine culturel immatériel universel de l'Unesco depuis 2010. Un spectacle époustouflant. Une démonstration de coopération, de travail en équipe, de solidarité, d'abnégation, de bravoure, de concentration, de force physique et mentale.

Hier, les castellers (groupe pratiquant le castell donc) de Terrassa ont tenté de reproduire l'exploit de 1998, où ils avaient été les premiers à réaliser une tour de 10 étages. Et ils n'y sont pas parvenus, ce qui signifie que la tour s'est écroulée, deux fois et ça c'est plutôt impressionnant à voir.
Pendant trois heures, nous avons eu le droit à une douzaine de démonstrations de trois groupes de Castellers (deux de Barcelone et celui de Terrassa) qui ont tenté, et souvent réussi, différents types de tours. Beaucoup d'émotions, de tension, de joie quand la tour est achevée, de peur quand elle s'écroule. Un spectacle fascinant, vivement le prochain !

Quelques photos.

La préparation : chaque casteller s'enroule dans une écharpe qui permettra à ses coéquipiers de lui grimper dessus.










La montée, les castellers sont bien sûr répartis en fonction de leur taille et de leur poids. Ce qui signifie que celui qui grimpe jusqu'au sommet est un tout jeune enfant, une petite fille dans la majorité des cas.








 



Quelques exemples de réalisation. 





 Quand il arrive au sommet, l'enfant passe par dessus son coéquipier, lève un bras et entame la descente. Chacun descend à son tour.

Un exemple de tour très impressionnant, une personne par étage, ce qui demande une force physique incroyable. Ce que l'on ne voit pas sur les photos c'est à quel point la tour tangue, du fait des tremblements de chacun. 

Et enfin, en cas de réussite, la descente et la joie. 




Pour finir, la devise des Castellers : "Fuerza, Equilibrio, Valor y Cordura" / "Force, Equilibre, Courage et Raison".